1er juin 2026
De hauts responsables russes ont averti le président Vladimir Poutine que les dépenses actuelles liées à la guerre contre l’Ukraine atteignent des niveaux inacceptables pour le budget et l’économie, rapporte Bloomberg , citant des sources proches du dossier et des documents gouvernementaux internes.
Selon ces mêmes sources, des représentants du ministère des Finances et de la Banque centrale ont indiqué à M. Poutine que le déficit budgétaire pourrait devenir alarmant avec les dépenses de défense prévues, qui devraient représenter environ un tiers du budget total cette année.
Les responsables financiers se sont également inquiétés de la situation économique, qui a commencé à se contracter cette année pour la première fois depuis 2023. Toujours selon Bloomberg, le ministère des Finances et la Banque centrale ont proposé à M. Poutine de réduire les dépenses de défense, insistant sur le fait que, sans cela, l’équilibre des finances publiques sera difficile à atteindre.
Le ministère russe de la Défense, quant à lui, exige non seulement le maintien du budget militaire, mais aussi son augmentation, précisent les sources de Bloomberg. L’armée bénéficie du soutien de certains responsables du Kremlin, fermement engagés dans la poursuite du conflit. Ces derniers insistent également sur le fait qu’une réduction du budget de la défense nuirait à l’économie, fortement dépendante des contrats militaires.
Selon des sources proches de l’agence, Poutine a apporté son soutien au ministère de la Défense et a demandé au ministère des Finances de procéder à des coupes budgétaires dans tous les postes, à l’exception des dépenses militaires.
Initialement, le ministère des Finances avait élaboré le budget 2026 en tablant sur une réduction du déficit de 5 800 milliards de roubles de l’année précédente à 3 800 milliards. Pour combler ce déficit, les autorités ont relevé la TVA pour la deuxième fois en huit ans et lancé une réforme fiscale radicale pour les petites entreprises. Cependant, fin avril, le déficit budgétaire s’élevait déjà à 5 800 milliards de roubles, soit plus que pour l’ensemble de l’année précédente.
Lors de l’élaboration du budget, les responsables du ministère des Finances anticipaient un manque à gagner de 1 200 à 1 500 milliards de roubles pour le second semestre, mais espéraient que la guerre en Ukraine prendrait fin d’ici là, permettant ainsi une réduction des dépenses de défense. Ces espoirs ne se sont pas concrétisés et la situation économique s’est fortement détériorée : le ministère du Développement économique a revu à la baisse ses prévisions de croissance du PIB pour cette année, les ramenant de 1,2 % à 0,4 %, et anticipe un recul des investissements pour la deuxième année consécutive.
Des sources proches du gouvernement ont indiqué à Bloomberg que les recettes pétrolières issues de la guerre en Iran ne permettraient pas de résoudre les problèmes budgétaires. Selon elles, le prix du pétrole doit se maintenir autour de 100 dollars le baril pendant au moins un an pour que l’économie se redresse. Par ailleurs, toujours selon ces sources, les recettes excédentaires provenant des matières premières ne résoudront ni les problèmes structurels, ni l’inflation, ni les difficultés du système bancaire.