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Chine

Le niveau d’intelligence de la Chine. Alexandre Nemets :  La Chine est en train de dépasser, voire a déjà dépassé, ses principaux concurrents

Le dragon chinois et l’argent

27 juillet 2026

Commentaire de Jean Pierre :

Foin de ces classements et statistiques tant décriés et brocardés ! N’empêche que la densité des institutions d’enseignements universitaires et leurs importances relatives deviennent des facteurs déterminants à j’heure des mutations technologiques dans la conduite de la guerre. C’est ce que nous rappelle A. Nemets quand bien même la notion de « niveau d’intelligence » d’un pays serait  discutable à vouloir lui faire dire plus ce qu’elle indique. L’Iran en est un exemple.

Je tiens à rappeler une fois encore que le niveau moyen d’intelligence par habitant et le potentiel intellectuel global de tout pays sont déterminés avant tout par le niveau d’éducation, et principalement par l’enseignement supérieur. Si, dans un pays donné (disons, avec une population de 60 millions d’habitants), il existe de nombreuses universités de haut niveau et que celles-ci accueillent à tout moment au moins un million d’étudiants (voire, mieux encore, deux millions), alors le potentiel intellectuel de ce pays connaît une croissance soutenue, et la situation dans ce pays est tout à fait satisfaisante.

Il existe plusieurs classements faisant autorité des « meilleures universités du monde ». Le « classement des 1 000 universités du Times » est un bon indicateur ; celui établi par le magazine (en ligne) US News & World Report, qui recense environ 850 universités, est également tout à fait valable.

Prenons ce dernier classement, qui porte sur l’année universitaire 2026/2027.

Examinons le haut du classement (les meilleures) de cette liste de 400 universités. Le classement des « 400 meilleures universités du monde » comprend 153 universités européennes. Parmi celles-ci, on compte plus de 30 universités britanniques, une trentaine d’universités allemandes, ainsi qu’une trentaine d’universités réparties entre la France et l’Italie. Une trentaine d’universités du classement des « 400 meilleures » se trouvent dans les quatre pays scandinaves (sans compter la petite Islande) ; une vingtaine d’universités sont implantées au Benelux (Pays-Bas, Belgique et Luxembourg), et presque toutes les autres en Espagne et au Portugal. On compte deux « meilleures universités » en Grèce, en Autriche et en Suisse, et une en Pologne. Il n’y en a aucune dans les pays des Balkans (ancienne Yougoslavie), en République tchèque, en Slovaquie, en Hongrie, en Roumanie et en Bulgarie. Il n’y en a pas non plus en Turquie.

Il n’est pas surprenant que les centres de l’intellect européen soient le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Scandinavie. En ce qui concerne l’Europe de l’Est et les Balkans, c’est tout le contraire.

Et qu’en est-il de la Russie et des autres républiques de l’ex-URSS ? Absolument rien ! L’Université d’État de Moscou se classe environ à la 480e place (alors qu’elle occupait autrefois la 190e place environ !), et deux autres universités russes se situent encore plus bas. En substance, aucune présence intellectuelle.

Le classement des pays d’Asie est bien plus intéressant. Au total, l’Asie compte 100 universités parmi les « 400 meilleures ». Je précise d’emblée qu’en Inde et dans tous les pays du sous-continent sud-asiatique (y compris l’Afghanistan), de telles universités sont totalement absentes (les pays pauvres n’ont pas les moyens de se permettre l’intelligence). Je m’excuse, il y en a tout de même une au Pakistan.

L’université de Téhéran figure parmi les « 400 meilleures ». On n’a pas lésiné sur les moyens pour elle : on y forme du personnel destiné à l’industrie militaire et aux centres nucléaires.

Il n’y a pas une seule « meilleure université » dans l’immense Indonésie, en Thaïlande, aux Philippines, en Birmanie, au Cambodge ou au Laos. Il y en a une seule au Vietnam. Au total, cela fait donc trois « meilleures universités » pour près de trois milliards d’habitants de l’« Asie profonde », de l’Iran aux Philippines et à l’Indonésie. Hélas, le niveau intellectuel y est très faible, mais il n’est sans doute pas inférieur à celui de la Russie actuelle.

Et on compte désormais pas moins de neuf universités de ce type dans plusieurs pays arabes qui se sont enrichis grâce aux hydrocarbures. Six « meilleures universités » sont implantées en Israël.

Quatorze « meilleures universités » sont implantées au Japon, en Corée du Sud et à Taïwan.

Une véritable surprise nous attend en Chine et dans plusieurs pays et territoires étroitement liés à la Chine sur les plans économique, technologique et intellectuel.

En Chine même, le nombre de « meilleures universités » est passé à 56 (alors qu’il n’y en avait pas plus de 30 il y a encore six ans.

À Hong Kong, on compte six « meilleures universités », à Macao une, à Singapour trois et en Malaisie deux. Au total, si l’on inclut la Chine continentale, on dénombre ici 68 « meilleures universités » sur les 100 que compte l’Asie.

Certes, Singapour et la Malaisie entretiennent des liens extrêmement étroits avec la Chine continentale. Il est très important de noter que le zhongwen, c’est-à-dire le « chinois en caractères simplifiés », est très largement utilisé dans ces deux pays. Quant à la langue officielle malaisienne, le Bahasa Melayu, on peut dire qu’elle a été reléguée à la périphérie. Les intellectuels chinois locaux ne l’utilisent pas.

En dehors de l’Europe et de l’Asie, les meilleures universités se répartissent comme suit : – 12 en Afrique (étonnant !), 6 en Amérique latine, 25 en Australie (un véritable concentré d’intelligence !) ; 104 ou 105 aux États-Unis et au Canada.

Il est désormais possible de procéder à une « comparaison internationale de l’intelligence » prudente.

Il est tout à fait évident que le potentiel intellectuel (PI) global et le niveau moyen d’intelligence (NI) de la Chine (le continent lui-même et ses « alliés ») ont connu une forte croissance ces dernières années. Le PI de la Chine est plusieurs fois supérieur à celui du Japon, de la Corée du Sud et de Taïwan (J-CS-T). Quant au NI de la Chine, il n’est guère inférieur à celui du J-CS-T.

La comparaison entre la Chine et l’Amérique du Nord (États-Unis + Canada) ainsi que l’Europe occidentale est plus complexe, mais on peut affirmer que le PI et, sans doute, le NI, sont ici tout à fait comparables. En réalité, cela n’a rien de surprenant. Dans plusieurs articles récents, j’ai montré – à travers l’exemple de l’augmentation du nombre d’étudiants en master et en doctorat, ainsi que de l’augmentation du nombre de chercheurs en R&D et des dépenses consacrées à la R&D – comment la Chine dépasse ou a déjà dépassé ses principaux concurrents.

Selon les estimations de *The Economist* et du *Wall Street Journal* (WSJ), l’Europe (l’UE plus le Royaume-Uni et la Norvège) est loin derrière tant la Chine que l’Amérique du Nord, tant dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) que dans pratiquement tous les autres grands domaines de la R&D.

L’Amérique du Nord se trouve clairement dans une meilleure position que l’Europe. En matière d’IA et dans certains autres domaines clés de la R&D, elle est « à égalité » avec la Chine, même si elle perd progressivement du terrain.

Et enfin, le point essentiel. L’accumulation rapide d’intelligence (la croissance rapide du nombre et de la qualité des intellectuels) a entraîné une profonde transformation qualitative de la Chine dans son ensemble. La Chine actuelle, hautement intellectuelle (sans exagération particulière), ne peut tout simplement pas être une véritable alliée du régime de Poutine, qui s’est déchaîné et, excusez-moi, a complètement tout gâché.

Nous voyons comment, au cours des derniers mois, la Chine se range progressivement du côté de l’Ukraine : elle lui fournit des armes modernes et puissantes (des drones à longue portée et de combat), soutient l’Ukraine à l’ONU, et fait directement pression sur Poutine pour qu’il « mette fin à la guerre au plus vite ». Tout cela n’est absolument pas le fruit du hasard ; les considérations conjoncturelles n’ont ici rien à voir.

Nous voyons la Fédération de Russie s’embraser et sombrer dans le chaos. Merci à l’Europe, mais merci aussi à la Chine !

Gloire à l’Ukraine ! Mort aux occupants russes ! À bas le régime de Poutine !

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