3 juin 2026
La campagne systématique de drones menée par l’Ukraine contre les raffineries de pétrole et les dépôts de carburant russes contraint désormais la Russie à imposer des interdictions d’exportation, un rationnement et des pénuries. Parallèlement, une nouvelle dynamique militaro-industrielle, fondée sur une production d’armements conjointe ukraino-européenne basée sur des conceptions ukrainiennes, modifie l’équilibre des approvisionnements en faveur de l’Ukraine. Dans ce contexte, Mikael Hertoft dresse un état des lieux de la guerre début juin 2026, analyse l’effondrement des gains territoriaux de la Russie malgré une cadence d’attaques toujours aussi soutenue et évalue les quatre options qui s’offrent à Poutine : de l’acceptation de la défaite à une escalade dans les pays baltes. Hertoft conclut que la Russie est en train de perdre, même si l’issue du conflit reste incertaine. [AN]
Depuis début 2026, l’offensive de printemps russe tant attendue ne s’est pas concrétisée. Les attaques se poursuivent, mais le front demeure globalement immobile. Parallèlement, l’Ukraine a pris l’ascendant dans la guerre par drones, non seulement dans la zone des 10 à 20 kilomètres le long de la ligne de front, mais aussi de plus en plus profondément en territoire russe.
La Russie a établi un triste record d’attaques contre les villes, les musées et les habitations civiles ukrainiennes. L’Ukraine, quant à elle, cible systématiquement l’industrie pétrolière russe et son secteur d’exportation. Cette stratégie repose sur une logique militaire évidente, même si ces attaques affectent également la population civile russe, notamment par les « pluies noires » et la pollution atmosphérique dues aux incendies de raffineries et de terminaux pétroliers.
Le point de bascule n’est peut-être pas encore atteint, mais il semble s’en approcher.